Chef d’orchestre et compositeur, Jörg Widmann dirige l’Orchestre de chambre de Stuttgart dans ce disque de chefs-d’œuvre pour orchestre à cordes. Composée par un Mendelssohn âgé de 14 ans, la Symphonie pour cordes n° 10 en si mineur ne comprend qu’un seul mouvement, une vaste et lente introduction suivie d’un allegro et d’une coda. La Plainte d’un Icare de Widmann s’inspire d’un poème de Baudelaire : « Et brûlé par l’amour du beau, / Je n’aurai pas l’honneur sublime / De donner mon nom à l’abîme / Qui me servira de tombeau. » Quant à la Sérénade symphonique de Korngold, elle suscite cette exclamation du chef d’orchestre : « Quelle œuvre pleine d’étincelante magie ! » On y entend l’évocation de la Vienne de Mahler ou de Berg, réelle ou imaginaire, tournée vers l’avenir – déchirante sans être jamais sentimentale.